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Jérôme Colombain - 17:22 Connecter tous les Français au très haut débit d’ici à 2016 : c’est l’une des mesures phares du rapport Attali.
La Commission déplore que la France n’arrive qu’au 14e rang des pays de l’Union européenne pour l’accès des ménages à Internet (49 % contre une moyenne à 54 %). 45 % de la population française ne se connecte jamais à Internet et la part de l’économie numérique dans la production française n’est que de 6 % au lieu de 13 % aux États-Unis et 17 % en Corée.
Présentée comme l’un des moteurs de la croissance pour les années à venir, le numérique est au cœur des propositions de la Commission Attali. C’est un sujet moins polémique que d’autres thèmes mais ce n’est pas simple pour autant.
Ainsi, le rapport plaide pour une « stratégie numérique ambitieuse ». Il préconise la mise en place du très haut débit « pour tous, à domicile, dans l’espace numérique de travail et dans l’administration ». Objectif : « 100% des Français connectés à l’ADSL », a dit Jacques Attali qui souhaite que 75% des Français deviennent des utilisateurs réguliers d’Internet.
Le rapport prévoit un raccordement massif des Français en deux temps : d’abord du haut débit pour tous d’ici à 2011, une sorte de « socle numérique minimal ». Les technologies sont connues et elles sont déjà : c’est l’ADSL pour les connexions fixes et le WIMAX pour des connexions sans fil longues distance ainsi que l’UMTS pour les accès en mobilité. A cela, on peut ajouter la télévision numérique terrestre et la future télévision numérique mobile.
Après ce minimum garanti pour 2011, toujours selon le rapport Attali, cap sur 2016. Dans 8 ans, il faut que tous les Français puissent disposer de connexions à très haut débit dans les foyers, les entreprises et les écoles. Là, ce sera sans doute la fibre optique pour la vidéo et les communications en haute définition. En fait, rien de très nouveau sous le soleil puisqu’on parle de cela depuis le début de la révolution Internet dans les années 90. Le problème, c’est que c’est plus facile à dire qu’à faire. Les internautes des villes seront comme d’habitude servis en premiers mais pour les internautes des champs ce sera plus dur. Se pose l’éternelle question des « zones blanches », ces régions de France privées d’ADSL et parfois même de téléphone mobile où les opérateurs ne vont pas car ils n’y voient pas d’intérêt économique. Or, le rapport Attali considère justement le haut débit et le très haut débit comme un moyen indispensable de désenclavement et de développement économique des zones rurales.
Le nerf de la guerre étant toujours l’argent, il est notamment question d’un soutien fiscal pour l’équipement en haut débit des foyers en zone blanche.
Jérôme Colombain